Illustratrice pour l’édition jeunesse formée à l’ENSAD de Paris, Claire de Gastold collabore avec les plus belles maisons d’édition. Depuis son atelier sous les toits dieppois, elle a trouvé son propre langage pour enchaîner les albums oniriques et les séries documentaires, tout en faisant un retour vers la BD, son premier amour.

© S. Maurice / aprim

Claire de Gastold n’a jamais voulu faire autre chose que dessiner. C’est ce qu’elle fait depuis vingt ans avec une belle réussite et une cinquantaine d’ouvrages à son actif. Ce désir inconscient est sans doute né très tôt, dans l’atelier d’un grand-père artiste peintre adoré « qui avait raté le virage de la modernité mais racontait si bien les histoires… »

Passionnée de BD depuis l’adolescence, Claire de Gastold a suivi les cours de l’institut Saint-Luc en Belgique, puis décroché le concours d’entrée à l’École nationale supérieure des arts décoratifs. « J’avais à cette époque une idée romantique de la BD et je ne me rendais pas compte que c’est un métier de galérien. » Devenue illustratrice pour l’édition jeunesse, Claire de Gastold ne signera qu’un album BD en 2012 chez Gallimard, avec Alexandre Franc (Les Satellites). Elle y revient tout de même en 2018 avec Vincent Brunner pour la série 11407 vues publiée en six épisodes par le magazine Topo.

De Naya ou la Messagère de la nuit (réalisé à l’encre et colorisé à l’ordinateur avec des trames) à Une soirée au théâtre avec Tonton Starlette, dessiné sous Photoshop, son univers graphique évolue constamment pour épouser l’histoire. Mais quelle que soit la technique, le travail de l’illustratrice conserve des constantes : l’élégance du trait, le sens de la rythmique, le soin apporté aux détails, sans pour autant chercher l’hyperréalisme, même quand il s’agit d’un documentaire sur les animaux.

Mi-ours mi-zombie

Claire de Gastold parle de jubilation pour décrire les premiers instants de création, lorsque les images se cristallisent pour former les personnages et les décors. Ensuite, pendant la réalisation, elle devient « mi-ours mi-zombie », surtout pour le travail à la peinture qui demande de la concentration. « Pour garder de la spontanéité, je suis capable de m’enfoncer dans un état de semi-conscience, juste accompagnée par le son d’une radio ou d’un livre audio. »

Claire de Gastold multiplie les collaborations avec les auteurs. « Les projets naissent de commandes, mais aussi de rencontres professionnelles. Quand ça matche avec un auteur, il se crée une amitié et nous parlons le même langage. »

Claire de Gastold a également développé des projets en solo pour L’École des loisirs (Une maison pour Marvin, Trop de la chance). « Autrice, c’est un autre métier, très difficile. Je ne me serais pas lancée si je n’avais pas rencontré une grande éditrice, Anaïs Vaugelade. Mais écrire ses propres textes ouvre des possibilités, même si cette liberté est un peu inquiétante quand on se retrouve face à la page blanche. »

De pages blanches – comme la banquise immaculée –, il en sera encore question prochainement. Un album documentaire sur le Grand Nord est annoncé à l’automne aux éditions de La Martinière.

 

Stéphane Maurice / aprim

Bio express

1978 : Naissance à Paris

2011 : Parution du premier véritable album (Les Chansons de Lalie Frisson avec Anne Lemonnier à l’Atelier du Poisson soluble)

2012 : Premier album BD (Les Satellites, Gallimard)

2015 : Premier album en tant qu’autrice (Trop de la chance, L’École des loisirs)

2021 : Publication sous forme d’album de la série BD 11407 vues chez Casterman

2022 : Une soirée au théâtre avec Tonton Starlette, avec Gauthier David, Seuil Jeunesse

À propos de la ˝couv˝ de Perluète #12

Pour ce travail autour de l’oiseau – mon sujet de prédilection en ce moment –, j’ai utilisé pour la première fois un iPad Pro et le logiciel Procreate. Du tout numérique donc, mais avec un choix
de matières et de textures incroyable. C’est mon nouveau jouet !˝

Claire de Gastold

[Portrait] Claire de Gastold – Une vie à dessiner