Illustratrice et auteure, Emmanuelle Halgand est aussi médiatrice culturelle, enseignante et chercheuse.
Le point commun de toutes ses activités ? L’album de jeunesse !
Portrait Emmanuelle Halgand
© Julien Paquin

Un livre peut changer une vie. Encore aujourd’hui, l’illustratrice Emmanuelle Halgand emporte partout avec elle, comme un grigri, celui qui a transformé la sienne, Hulul d’Arnold Lobel. Un souvenir de ses heureuses années d’enfance en Algérie. « Je l’ouvrais et je continuais les histoires, j’imaginais la suite des dessins... » Emmanuelle Halgand n’a jamais arrêté de dessiner depuis, mais ses planches sont longtemps restées dans les tiroirs, avant qu’elle ne troque le crayon pour la souris… Elle « s’autorise » alors à publier, Le Voyage des éléphants, en 2015 chez Magellan & Cie. Depuis, elle a illustré – et pour certains écrit – une dizaine d’ouvrages, laissant son style évoluer vers une technique combinatoire mêlant collages et aquarelles réalisées à la main puis intégrées à ses créations sur ordinateur. Comme dans Baya l’étrangère, « autobiographie involontaire », parue en 2017. « En continuant à travailler sur des albums de jeunesse, j’ai l’impression de protéger et de nourrir la part d’enfance qui est en moi », révèle-t-elle.

La puissance évocatrice de l’image

Médiatrice culturelle dans une commune de l’agglomération rouennaise depuis 2002, elle considère aussi l’objet livre comme un support de choix pour échanger avec les enfants sur des thèmes très sérieux. « Même si dans mes livres il y a des animaux qui parlent et beaucoup d’imaginaire, ce n’est jamais innocent. Je sais exactement quels sujets je vais aborder avec eux par ce prisme : le rejet, la différence, la maltraitance... » Convaincue que les images ont une puissance évocatrice aussi importante que les mots, Emmanuelle Halgand a entamé un doctorat sur la question à l’université de Toulouse. « L’album de jeunesse est depuis longtemps utilisé comme un outil de médiation par les enseignants et les bibliothécaires, mais plutôt pour l’écrit. Or, l’image a aussi beaucoup à dire. » Elle mène l’enquête sur le terrain, avec plusieurs groupes d’enseignants et des élèves de cycle 3 - en plus des cours qu’elle donne à la fac en master de développement des publics de la culture...

 

"En continuant à travailler sur des albums de jeunesse, j'ai l'impression de protéger et de nourrir la part d'enfance qui est en moi."

Heureusement, elle trouve encore le temps et l’inspiration pour de nouveaux livres. L’Ourse bleue, dont elle a réalisé les illustrations, vient de remporter deux prix en 2019 et est en lice pour de nombreux autres. Roméo s’en va, son dernier ouvrage, vient de paraître en octobre. Pour 2020, elle prépare un nouvel album chez Magellan et en illustrera quatre autres, sur des textes de Jo Witek, pour Flammarion. Un éditeur rencontré lors du Voyage à Bologne, en 2019, qu’elle a réalisé avec Normandie Livre et Lecture. «  Une expérience incroyable, qui apporte une formidable ouverture en termes de réseau et une belle visibilité. » La Chine pourrait ainsi bientôt découvrir elle aussi le talent d’Emmanuelle Halgand !

Christelle Tophin - aprim Caen

Bio express

1977 Naissance à Saint-Nazaire

1998 Deug d’histoire de l’art

2001 DESS de développement culturel

Depuis 2002, chargée de médiation culturelle dans l’agglomération rouennaise

2015 Premier album, Le Voyage des éléphants

2019 Sortie de son dernier album, Roméo s’en va

Un voyage à Bologne

Normandie Livre & Lecture et la Charte des auteurs et des illustrateurs sont partenaires de l’opération « Voyage professionnel à la Foire de Bologne ».

Lauréate normande de l'édition 2019, découvrez le bilan du voyage d'Emannuelle Halgand.

En savoir plus sur l'opération Un voyage à Bologne.

[Portrait] Emmanuelle Halgand – Créatrice de jeunesse