Patrimoine en danger !

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Publié le 22/06/2026
Temps de lecture : 3mn
Les impacts du changement climatique sur nos bibliothèques sont désormais très visibles. Un scénario récurrent se reproduit chaque année et favorise le développement de moisissures. Il implique des adaptations, sous peine de pertes irréversibles au sein de nos collections.
La chaleur et l’humidité engendrent des moisissures qui menacent les fonds patrimoniaux. © DR

Les pics de chaleur (l’été) et les périodes humides (en automne, printemps ou hiver) sont des phénomènes normaux sous nos climats maritimes, tempérés ou continentaux. Néanmoins, ces dernières années, ces deux phénomènes sont devenus plus fréquents. Ils ont surtout tendance à survenir en même temps, ce qui crée de nouvelles problématiques en termes de conservation.

Ainsi, en 2024 et 2025, ce fut le cas à plusieurs reprises entre juillet et octobre. Si les épisodes chauds et secs et les périodes froides et humides peuvent être assez facilement maîtrisés, les épisodes chauds et humides, en revanche, entraînent parfois des conséquences désastreuses pour les collections : ils peuvent provoquer le développement et la prolifération de moisissures.

Une nouvelle logique de conservation

Ces changements climatiques nécessitent des adaptations et ont remis en question les politiques de conservation drastiques menées depuis la fin du siècle dernier. Nous sommes en effet sortis d’une logique de maîtrise climatique stricte (température et hygrométrie constantes, proches de 18 °C et de 50 % d’humidité relative) en tolérant des fourchettes de variations plus larges : température comprise entre 16 °C et 23 °C ; hygrométrie comprise entre 40 et 60 % d’humidité relative. À cela s’ajoutent le brassage et le renouvellement régulier de l’air.

© DR

Le risque des climatiseurs

Au-delà de ces recommandations, nous devons surtout réapprendre à nous passer de systèmes de climatisation surdimensionnés et énergivores. Coûteux en installation, en usage et en maintenance, ces climatiseurs posent d’énormes problèmes le jour où ils tombent en panne, ce qui est fréquent en périodes chaudes et humides, puisqu’ils sont alors trop sollicités. L’emplacement des fonds patrimoniaux (fonds précieux, anciens, locaux, régionaux, etc.), à conserver sur le long terme, doit donc être soigneusement choisi. Il est essentiel, en particulier, de privilégier les emplacements où la température et l’humidité restent naturellement stables et dans les fourchettes préconisées. Il faut donc éviter de placer les fonds patrimoniaux dans des endroits critiques, c’est-à-dire directement sous les toits, en dernier sous-sol ou contre des murs mal isolés. Outre d’éventuels travaux d’isolation, il faut aussi envisager la possibilité d’un déménagement des fonds dans des lieux mieux appropriés.

Ces adaptations ne sont pas toujours simples à mettre en œuvre. L’agence Normandie Livre & Lecture et la DRAC Normandie sont là pour accompagner les collectivités et les bibliothèques souhaitant s’engager dans de telles démarches.

Stéphane Lecouteux

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