« Un air de famille » : quand la solitude devient un art

Alors que la littérature italienne semble trouver une place de plus en plus respectable sur les tables des librairies (Di Luca, Ferrante, Di Fulvio, Giuliano, Ardone, Pulixi…), on peut regretter que la renommée de l’un de ses plus illustres ambassadeurs soit encore largement à construire.
Dans une langue raffinée, spirituelle, passant de l’ironie mordante à l’émotion sincère, Piperno, plaisamment qualifié d’« enfant terrible des lettres italiennes » par son éditrice Liana Levi, parle de notre nouveau monde, soulignant ses fractures et moquant ses outrances.
Son roman, traversé de mélancolie (Piperno est un immense écrivain de la solitude) et ponctué de portraits remarquables de justesse, dépeint la chute et la disgrâce d’Alessandro Sacerdoti, illustre professeur d’université romain, spécialiste de Flaubert (et peut-être un petit peu trop orgueilleux).
Drôle, intelligent, émouvant. Parfois cruel. De quoi qualifier un excellent roman, ou peut-être… son auteur dont vous contribuerez sans doute, très bientôt, à établir la réputation !
Olivier Ducoin
Un air de famille d’Alessandro Piperno – trad. de l’italien par Jean-Luc Defromont – Liana Levi
J’ai aimé aussi…
- Convoi pour Samarcande de Gouzel Iakhina – Éditions Libretto. Dans une URSS naissante et chaotique, un soldat tourmenté s’efforce de sauver 500 enfants affamés. Épique et émouvant !
- Rappel à la vie de David Park – Éditions de la Table ronde. Un programme de running. Un groupe de coureurs. Une plongée, drôle et touchante, dans leurs « pensées en chemin », comme ils bravent, seuls et ensemble, doutes et épreuves. Leurs efforts sont
d’un… immense réconfort. - Marc de Benjamin Stock – Éditions Rue Fromentin. Découvrez, ébahis, les secrets cachés dans les romans de Marc Levy, et la communauté clandestine qui les décrypte. Un prix de Flore brillant, qui fait rire et réfléchir.
Librairie Colbert – 1, place Colbert – 76130 Mont-Saint-Aignan – colbert.librairie@gmail.com