Trois manuscrits italiens conservés à Louviers depuis 1798
– À suivre
Publié le 18/02/2026
Temps de lecture : 4mn
Parmi la vingtaine de manuscrits italiens conservés à Louviers depuis la Révolution française, seulement trois sont restés dans cette ville de 1798 à 2026. Après avoir appartenu à la bibliothèque des rois aragonais de Naples puis à celles du château de Gaillon et de la chartreuse de Bourbon-lès-Gaillon entre les XVe et XVIIIe siècles, ils ont en effet intégré la bibliothèque municipale de Louviers en 1833.

Les trois manuscrits enluminés italiens restés à Louviers contiennent des œuvres de Thomas d’Aquin :
- Le Catena aurea sur les quatre évangiles (Louviers, BM, 5). Ce manuscrit a été copié par une main proche de celle du scribe Venceslaus Crispus et a été enluminé par l’artiste Nardo Rapicano, tous deux actifs à Naples à la fin du XVe siècle. La page frontispice a malheureusement été pillée (f. 1). Le volume comporte de nombreuses lettres ornées à développements floraux et végétaux servant à structurer le texte (f. 15v, f. 23v, f. 30v, f. 56, f. 67v, f. 76, f. 76v, f. 85, f. 93, f. 104, f. 111v, etc.). Sa reliure ancienne n’a malheureusement pas été conservée ;

- Le Commentaire sur le premier des quatre livres des Sentences de Pierre Lombard (Louviers, BM, 7). Ce manuscrit a été commandé par le cardinal Jean d’Aragon, fils du roi Ferdinand Ier de Naples, et a été copié en 1484 par le scribe de Bohème Venceslaus Crispus, comme le précise le colophon final (f. 216). Ce volume a été enluminé par l’artiste napolitain Nardo Rapicano, qui a réalisé la page frontiscipe (f. 7) ainsi que les nombreuses lettres ornées à développements floraux et végétaux structurant le texte (f. 10v, f. 12, f. 17, f. 22v, f. 32, f. 35, f. 38, f. 39v, f. 42v, f. 53, f. 56, etc.). Ce manuscrit a conservé sa reliure napolitaine en cuir de chèvre vert olive et à décor doré de la fin du XVe siècle (plat supérieur et plat inférieur) ;

- Le Commentaire sur le deuxième des quatre livres des Sentences de Pierre Lombard (Louviers, BM, 8). Ce manuscrit a été commandé par le roi Ferdinand Ier de Naples et a été copié en 1489 par le scribe de Bohème Venceslaus Crispus, comme le précise le colophon final (f. 288). Il a été enluminé par Cristoforo Majorana, qui a réalisé la page frontispice (f. 12) ainsi que les nombreuses lettres ornées à développements floraux et végétaux (f. 22, f. 25v, f. 30, f. 37, f. 42v, f. 45, f. 48, f. 51v, f. 57v, f. 62, etc.). Ce volume a lui aussi conservé sa reliure napolitaine en cuir de chèvre rouge et à décor doré de la fin du XVe siècle (plat supérieur et plat inférieur).

D’autres manuscrits provenant du château de Gaillon et de la chartreuse de Bourbon-lès-Gaillon et attestés à Louviers en 1798 ont disparu entre cette date et 1842, sans doute pour entrer dans des collections privées. Dans les deux prochains billets, nous nous intéresserons à quatre d’entre eux, qui sont passés dans la collection Bourdin.
Stéphane Lecouteux
Lire aussi :