Matulu : des valises de livres pour les tout-petits

Publié le 05/05/2026
Temps de lecture : 3mn

Depuis douze ans, Matulu rayonne sur le Calvados pour amener le livre dans les familles le plus tôt possible.

Anaïs Mesnil, coordinatrice Matulu et lectrice.

Basée à Hérouville-Saint-Clair, l’association de médiation culturelle Matulu intervient principalement auprès des 0-3 ans, à la maternité du CHU de Caen, dans quelques centres de protection maternelle et infantile, des relais petite enfance, dans un centre d’accueil pour demandeurs d’asile. Et plus inattendu : sur la place publique, en ville comme à la campagne. Dans ce cas, la camionnette de Matulu transporte un espace de lecture itinérant avec cabane, tapis et coussins moelleux.

À Laize-Clinchamps, Anaïs Mesnil, coordinatrice de l’association, a l’habitude de garer la camionnette bien en vue, entre la sortie de l’école et la bibliothèque. « Les parents n’osent pas toujours y entrer, mais certains sont allés s’inscrire après avoir participé à nos lectures. »

Avec ses valises d’albums, Matulu permet aux parents et aux enfants de tisser un lien à travers un moment partagé. Pourquoi ce premier contact avec le livre est-il si important ? « Déjà à la maternité, il se passe quelque chose, confie Anaïs Mesnil. Le bébé est attentif à l’histoire racontée. Il en perçoit les sons, le rythme, une certaine musicalité. Nous partageons un moment souvent chargé d’émotion, un temps suspendu entre le bébé et ses parents attentifs et la lectrice. »

Anaïs Mesnil et l’une des valises de livres qu’elle emmène dans sa camionnette.

Désacraliser le livre

Découvrir le livre avant l’entrée à l’école garantit aussi une lecture plaisir dès le premier âge. « Pour de multiples raisons, de nombreux foyers sont éloignés du livre, explique Anaïs Mesnil. La lecture est souvent réduite aux difficultés de son apprentissage, puis aux livres imposés au collège. Si un lien affectif se construit très tôt avec le livre, il pourra plus facilement se réactiver à l’adolescence et résistera mieux à la concurrence des écrans. »

Pour favoriser cette lecture plaisir, les dix lectrices bénévoles de Matulu n’hésitent pas à désacraliser le livre. « Ils sont manipulés sans crainte d’être abîmés et les jeunes enfants, qui sont alors en pleine motricité, ne sont pas obligés d’écouter sagement assis. Ils écoutent aussi avec leur corps… »

Stéphane Maurice/Aprim

A savoir :

Chaque année, Matulu touche 1 200 personnes à travers 90 lectures annuelles. Elle intervient sur une dizaine d’événements et autant de sensibilisations auprès d’assistantes maternelles, d’animateurs périscolaires et d’autres professionnels de la petite enfance.

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