Le 4e manuscrit de Louviers passé par la collection Bourdin

Il renferme en effet un exemplaire du Décret de Gratien commenté par Barthélemy de Brescia commandé en 1502-1503 par l’archevêque de Rouen Georges d’Amboise (1493-1510) à des artistes normands s’inspirant de modèles italiens. Ce manuscrit, copié par Étienne de Vault et richement décoré, constitue un très bel exemple de l’influence de la Renaissance italienne sur la Renaissance française dès le début du XVIe siècle. Il est aujourd’hui conservé à la bibliothèque municipale de Rouen sous la cote E. 1a (CGM 708). Sa page frontispice (f. 1) porte les armes et la devise « Non confundas me, Domine, ab expectatione mea » de Georges d’Amboise. Les armes de l’archevêque de Rouen apparaissent également plus loin, aux f. 81v et f. 95. Outre le riche décor marginal de la page frontispice, le manuscrit comporte également de nombreux autres décors inspirés de modèles italiens : f. 1v, f. 3v, f. 4, f. 5, f. 6v, f. 8, f. 9v, f. 10, f. 12v, etc.

Ce volume a connu une destinée différente des trois manuscrits italiens de Louviers acquis par Bourdin et qui avaient eux aussi été exposées au palais de justice de Rouen en 1861 (voir le précédent billet). Contrairement à ces derniers, qui sont passés dans la collection de Charles Lormier après le décès de François Frédéric Bourdin le 23 mai 1862, ce manuscrit est resté en possession de la veuve de ce dernier, Anne Eléonore Bourdin, née Levasseur (1814-1878). Celle-ci s’est remariée le 1er juin 1864 avec Marc Théodore Simon. Après le décès d’Anne Eléonore Simon, le manuscrit a été donné à la ville de Rouen par son second époux (Journal de Rouen, 4 janvier 1882, p. 2-3).
Le collectionneur François Frédéric Bourdin et ses proches étant à ce jour très peu connus, il est intéressant de réunir l’ensemble des informations glanées dans les registres d’état-civil et les registres de recensements de la population de la ville de Rouen, conservés aux Archives départementales de la Seine-Maritime, dans l’arbre généalogique ci-joint. Ce document de synthèse constituera une base de travail solide pour qui souhaitera approfondir l’enquête sur ce bibliophile et collectionneur rouennais méconnu du XIXe siècle.

Stéphane Lecouteux
Pour aller encore plus loin sur les manuscrits italiens des bibliothèques de Georges d’Amboise et du château de Gaillon :
- Marie-Pierre Laffitte, « La librairie de Georges d’Amboise à Gaillon », Léonard de Vinci entre France et Italie, « miroir profond et sombre », Actes du colloque international de l’Université de Caen (3-4 octobre 1996), dir. Silvia Fabrizio-Costa et Jean-Pierre Le Goff, Caen, Presses universitaires de Caen, 1999, p. 261-273.
- Gennaro Toscano, « La librairie du château de Gaillon. Les manuscrits enluminés d’origine italienne acquis par le cardinal Georges d’Amboise », Léonard de Vinci entre France et Italie, « miroir profond et sombre », Actes du colloque international de l’Université de Caen (3-4 octobre 1996), dir. Silvia Fabrizio-Costa et Jean-Pierre Le Goff, Caen, Presses universitaires de Caen, 1999, p. 275-300.