Histoires d’intérêts singuliers : quand l’autisme se raconte au présent

Publié le 30/03/2026
Temps de lecture : 4mn
A l’occasion du vernissage de l’exposition « Hors Cadre – Histoires d’intérêts singuliers » à la médiathèque La Source de Saint-Lô, le 2 avril prochain, retour sur un projet de longue haleine, avec l’autrice Claire Larquemain.
© LADAPT 

En écho à la journée mondiale de l’autisme, venez découvrir 18 portraits de Manchois ayant un trouble du spectre de l’autisme. Chaque photographie, signée Audrey Guyon, donne accès à un témoignage audio révélant un intérêt spécifique, passion aussi intime que singulière.  

Ce projet culture-santé, porté par le SAMSAH TSA Ladapt et soutenu par l’ARS Normandie et la DRAC, a donné lieu à des ateliers d’écriture animés par l’écrivaine saint-loise Claire Larquemain à Cherbourg, Saint-Lô et Granville, et à des podcasts enregistrés par les jeunes de la Mission locale de Saint-Lô Carentan.  

L’exposition sera visible jusqu’au 18 avril 2026. 

Claire Larquemain a répondu à nos questions :

Pouvez-vous nous parler de ce projet pour lequel vous vous êtes investie et qui voit jour au travers de cette exposition ?  

Ce projet est né d’une volonté de proposer un autre regard sur l’autisme. On parle souvent des difficultés ou du diagnostic, mais beaucoup moins de ce qui anime profondément les personnes concernées : leurs passions, leurs centres d’intérêt, parfois très précis, très intenses. 

Avec cette exposition, l’idée était de mettre ces intérêts singuliers au cœur du récit. Chaque portrait photographique devient une porte d’entrée vers une histoire personnelle. On découvre des passions pour la musique, la géopolitique, la lecture, l’espace, les ovins… des univers qui structurent souvent la manière dont ces personnes habitent le monde. 

C’est un projet qui mêle plusieurs disciplines : la photographie, l’écriture et le témoignage sonore. Il a été construit collectivement avec les participants, les équipes de LADAPT et du SAMSAH TSA, les jeunes de la Mission locale Saint-Lô-Carentan qui ont enregistré les podcasts, et la photographe Audrey Guyon. C’est un projet Culture-Santé, soutenu par l’ARS Normandie et la DRAC.  

Quel a été votre travail auprès de ces 18 Manchois, dont on découvre le portrait ? Quelle expérience est-ce que cela a été pour vous ? 

J’ai animé des ateliers d’écriture à Cherbourg, Saint-Lô et Granville avec les participants. Mon rôle était de les accompagner pour mettre des mots sur ce qui les passionne, sur ce qui les fait vibrer. 

Nous avons travaillé autour de leurs centres d’intérêt, mais aussi autour des mots, des émotions, de la manière dont ces passions prennent place dans leur quotidien. L’écriture permet de dire les choses autrement, avec plus de liberté, mais aussi avec précision. 

Pour moi, cela a été une expérience très forte. D’abord parce que chaque rencontre était singulière, avec des univers très riches et souvent inattendus. Et puis parce que l’écriture, dans nos singularités, crée un espace commun, de confiance : on avance ensemble, on cherche les mots justes. 

J’ai été frappée par la précision, la sincérité et la profondeur de ce que les participants avaient à partager lorsqu’on leur donne l’espace pour le faire et une écoute attentive et bienveillante.  

Qu’est-ce que le public va pouvoir découvrir lors de cette exposition ?  

Le public va découvrir 18 portraits photographiques, mais aussi 18 voix. Chaque image renvoie à un témoignage audio que l’on peut écouter avec un smartphone. 

© LADAPT 

C’est une exposition à la fois visuelle et sonore, qui invite à prendre le temps : regarder un visage, puis écouter une histoire, une passion, un regard sur le monde. 

Je crois que le public va surtout faire des rencontres. Des rencontres avec des personnes, avec des univers parfois très inattendus, et peut-être aussi avec une autre manière de comprendre l’autisme. 

L’exposition propose finalement de sortir des cadres habituels — d’où son titre — pour laisser apparaître des trajectoires singulières, des sensibilités, et des passions qui racontent beaucoup de la richesse humaine. 

Propos recueillis par Cindy Mahout

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