Albane Lejeune et sa bibliothèque : « Une petite “subversion” littéraire dans mon parcours de lettres classiques »

Publié le 20/05/2026
Temps de lecture : 3mn

À quoi ressemble la bibliothèque personnelle d’une bibliothécaire ? Albane Lejeune nous emmène en « bibliotrek ».

© Albane Lejeune

À quoi ressemble votre bibliothèque ?

Pas vraiment à une bibliothèque constituée ! J’ai des livres un peu partout chez moi : dans le salon, dans mon bureau, au grenier… Sur ma table de chevet, il y en a toujours quatre ou cinq en cours ou en attente de lecture. Mais soucieuse d’incarner chez moi un peu de mon métier de bibliothécaire (sic ! ), je les range en fonction des thématiques inspirées par chaque espace, ou en fonction du temps disponible pour bouquiner. Ça ménage chez moi des « voyages » différents. Par exemple, dans le salon, il y a les albums jeunesse et les livres illustrés, c’est coloré, ça donne du peps !

Que trouve-t-on dans cette bibliothèque ?

Beaucoup de romans, des beaux livres sur les chevaux ou l’architecture, des livres pour enfants (davantage depuis que j’en ai deux !), quelques ouvrages de bibliophilie, d’anciens livres de bibliothèques publiques, des ouvrages professionnels, des publications familiales ou amicales… Le tout cohabite avec des objets (ou livres-objets !) glanés au fil du temps qui font écho visuel ou symbolique avec leurs voisins d’étagères.

J’ai aussi une collection de livres des auteurs que j’ai rencontrés dans les bibliothèques où j’ai travaillé. Ils sont parfois dédicacés. Ce sont autant de madeleines de Proust !

Récemment, j’ai intégré une collection assez incongrue qui me vient de ma famille paternelle : la série reliée des Prix Nobel de littérature depuis 1900, publiés par l’Académie et la Fondation Nobel. De quoi favoriser ma sérendipité !

Quels ont été vos premiers livres marquants ?

Dans l’enfance, j’ai été assez ébahie par L’Enfant et la Rivière d’Henri Bosco. C’est l’un de mes premiers « grands » livres lus qui m’a ouvert une porte sur le monde et ses altérités.

À l’heure des études, le roman de Pascal Morin Les Amants américains m’a littéralement emportée dans un rapport frontal à la narration. Plus âgée, les romans d’Iegor Gran et autres Olivier Maulin ou Frédéric Ciriez m’ont permis d’apporter une légèreté bienvenue, une petite « subversion » littéraire dans mon parcours de lettres classiques.

Je pourrais aussi citer Maupassant, Koltès, Claudie Gallay…

Quel livre n’avez-vous jamais pu finir ?

Le Père Goriot, ma bête noire ! Trop descriptif pour moi. C’est d’ailleurs le titre qui me vient en tête dès que je dois illustrer une situation en bibliothèque. C’est un signe !

Quel livre va bientôt rejoindre votre bibliothèque ?

Récemment, j’ai découvert Anne Berest avec Finistère et je ne suis pas loin d’acheter ses livres les uns après les autres (La Carte postale, Gabriële…). Ce récit de soi m’inspire un projet personnel qui adviendra peut-être (ou pas !).

Propos recueillis par Valérie Schmitt

Albane Lejeune. Elle est conservatrice d’État depuis janvier 2025, directrice de la lecture publique de la communauté urbaine Caen la Mer, qui bénéficie aujourd’hui sur son territoire d’un réseau de 43 bibliothèques. Elle a auparavant déjà travaillé en Normandie, en tant que directrice de la médiathèque de Granville en 2010-2011.

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