Shane Haddad en résidence à l’Imec

Publié le 28/09/2026
Temps de lecture : 4mn
Du 5 mai au 26 juin 2026, Shane Haddad a bénéficié d’une résidence portée par le Salon du livre Epoque à Caen et l’Imec (Institut Mémoires de l’Edition Contemporaine). Shane Haddad était en résidence à l’Imec, pour l’écriture de son troisième roman. Il raconte l’histoire d’une jeune femme qui arrache son propre cœur pour ne plus souffrir. Un récit qui mêle science-fiction, ultra-réalisme et bande de copines survoltées. 
Shane Haddad © Clothilde Evide

Qu’est-ce que cela représente pour vous, d’être accueillie en résidence, d’avoir été choisie par ces deux structures partenaires que sont le Festival Epoque et l’Imec ? 

Avoir accès aux résidences d’écriture est autant un luxe qu’une nécessité. Un luxe, parce qu’Époque et l’IMEC se sont associés pour me permettre d’être dans des conditions matérielles exceptionnelle (écrire est une histoire matérielle : moins on pense à quoi manger à midi, mieux on écrit). 

Une nécessité, parce que sans ces temps dédiés uniquement à l’écriture, il est difficile d’avancer dans un texte. Hors résidence, le temps est morcelé par tel ou tel travail annexe, et le texte en pâtit. 

Comme dans vos deux précédents romans, le texte en cours, pourrait contenir à la fois un autoportrait de votre héroïne mais aussi interroger sa place dans ce monde et son époque. Comment l’écriture vous permet-elle d’interroger votre époque, ses individus, et plus particulièrement la place des femmes ? 

En plus d’être une histoire matérielle, l’écriture c’est un rapport au temps. Il faut s’asseoir et écrire. Donc, il faut s’asseoir et réfléchir. Donc, il faut s’asseoir et lire. Donc, le monde devient notre matière. S’asseoir et réfléchir, s’asseoir et lire, ce n’est pas si simple. Contempler sa vie et celle des autres, ce n’est pas si simple. 

Quand je contemple ma vie, la conclusion est souvent la même : je suis une femme. On me le rappelle tous les jours, à travers des actes, des regards, des mots. Je pars de ces blessures à l’apparence petites pour contempler le monde et les écrire. 

Aviez-vous des appréhensions/ des doutes sur votre projet qui ont pu être résolus pendant cette résidence ? 

Le doute que j’ai trimballé ces dernières années : est-ce que je suis capable d’écrire ce texte ? J’ai trouvé la réponse en résidence, en y travaillant tous les jours. 

Le fait d’être à l’Imec, vous a-t-il permis d’enrichir vote travail ? 

  1. J’ai consulté les archives de deux écrivaines contemporaines qui auraient été impossibles à consulter autre part, autrement. Je cherchais à observer la méthode d’écriture de ces femmes. Grâce à cette recherche, j’ai pu établir ma propre méthode. 
  2. L’un des Grands Soirs m’a permis de trouver le nom de mon personnage principal. 
  3. L’échange avec les autres auteur-ices m’a permis de réfléchir sur les horizons créatifs qui s’offrent à moi sur les prochaines années ? 

Donc le fait d’être à l’IMEC a été plus qu’enrichissant, cela a été primordial ! 

Dans le cadre de votre résidence, quelles sont les rencontres qui vous ont marquées ?

Il y a eu deux moments importants. 

Le premier a été de découvrir Susie Morgenstern, invitée d’un Grand Soir, bourrée de joie de vivre, habillée de rose de la tête aux pieds, en train de lire au public un de ses romans, avec son petit fils à côté qui jouait un morceau de piano tout aussi réjouissant. J’ai eu la sensation que Morgenstern donnait de l’amour, vivait de l’amour, qu’il n’y avait que de l’amour partout, et j’ai trouvé ça très inspirant. 

Le deuxième moment est arrivé le dernier jour. J’ai eu mon éditeur au téléphone. Nous avons parlé de ce que j’avais écrit lors de ces deux mois. Il m’a dit qu’il voulait que ce texte soit publié chez POL. La résidence s’est achevée dans la joie. 

Quelle suite pour votre projet d’écriture en cours ? 

Je pars en résidence à la Fondation Meyer, à Marseille, pour 3 mois, en janvier 2027 ! Mon objectif est de finir ce texte là-bas. 

Propos recueillis par Cindy Mahout  

Ce projet a bénéficié d’un soutien de la DRAC de Normandie, de la Région Normandie et du CNL au titre du FADEL Normandie.   

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