« Peau » : quand le corps raconte ce que les mots taisent

Sur la couverture, deux femmes se tournent le dos, encombrées. Mais ce roman graphique parle bien d’un lien, tissé discrètement entre ces deux femmes. Il raconte la mue que cette relation va entamer chez Rita, à gauche, cheveux rouge flamboyant, et Esther, à droite, coincée sous la pierre de son éducation, par la perte d’un amour. Rita a besoin de travailler, elle pose pour le cours de modèle nu d’Esther.
Le rôle de la couleur dans cette histoire est primordial. L’ambiance est assez neutre, dans un camaïeu de verts, mais, parfois, une déflagration de couleurs chaudes vient révéler un moment important, un regard, un moment de bonheur. Il est question de cicatrices, de corps montré et regardé, de vulnérabilité, de force et de lien.
Ce roman graphique a reçu en 2023 le prix René-Goscinny pour la catégorie Jeune scénariste. Un prix bien mérité pour cette œuvre singulière, et pour le travail des éditions Çà et Là.
Aurelie Dumesnil et Valerie Neitthoffer
Peau de Sabien Clement et Mieke Versyp – trad. du flamand par Françoise Antoine – Éditions Çà et Là
J’ai aimé aussi…
- Peleliu, Guernica of Paradise de Kazuyoshi Takeda – trad. Satoko Fujimoto – Vega Dupuis. Série manga paru en 10 tomes. L’auteur montre la place de l’humanité d’un soldat dans l’horreur de la guerre sans parti pris.
- Albertine a disparu de Vincent Guerrier, François Vignolle (textes) et Vincenzo Bizzari (dessins) – Glénat. Une tragédie rurale faisant réfléchir sur l’indifférence collective, un album nécessaire !
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